Contexte actuel et mesures anti-jeunes !

De mon temps, on n’était pas fainéant : on prenait le premier boulot qui venait, même s’il était difficile ! 
Engager un jeune ? Ca va être compliqué, il me faut quelqu’un d’expérimenté !
Quelle arrogance chez les jeunes ! Avant, on ne la ramenait pas autant, on travaillait, point barre ! 

Tu as déjà entendu ce genre de remarques ? Peut-être as-tu pensé très fort : « vieux c…, dis ce que tu veux, je m’en fiche ! ». Tu as pu aussi penser que cela n’avait pas beaucoup d’importance. Pourtant, ces idées reçues sont préoccupantes, car elles peuvent mener à de la discrimination à l’emploi… Ce qui, dans notre contexte de crise, ne va pas t’aider à prendre ton autonomie !

On pourra te dire ce qu’on veut, la réalité est ce qu’elle est :aujourd’hui il n’y a plus assez d’emplois pour tout le monde, les jeunes ont un risque de chômage presque trois fois plus éle que les adultes (chiffre de l’Organisation internationale du travail). Et s’ils travaillent, c’est souvent dans des emplois précaires qui les fragilisent : ainsi, à Bruxelles, la moitié des travailleurs en intérim ont moins de 25 ans. La succession des contrats intérimaires, temporaires précarise les jeunes travailleurs. Cela les plonge dans une situation financière difficile qui les oblige parfois à rester vivre plus longtemps que voulu chez leurs parents.
 

Quand tu sors de l’école, tu seras sans doute confronté à ce parcours :  

 
 

Comme tu peux le constater, il n’est pas  simple et ne débouche pas automatiquement sur un droit aux allocations. Depuis septembre 2015, le gouvernement belge a pris des mesures pour restreindre l’accès aux allocations d’insertion. On parle de mesures anti-jeunes, car elles leur sont défavorables.  

En gros, cela signifie que pour y avoir droit, tu devras répondre à certains critères :

  • Tu n’es plus soumis à l’obligation scolaire, tu as plus de 18 ans ;
  • Tu as moins de 21 ans et tu as réussi ton CESS, ton certificat d’étude de 6ème professionnelle, ton certificat de qualification de 6ème technique ou professionnel de l’enseignement secondaire… (liste complète des diplômes ouvrant le droit aux allocations d’insertion sur le site de l’Onem 
  • Tu as moins de 24 ans, tu as terminé des études, une formation t’ouvrant le droit à ces allocations (voir la liste complète sur le site du Forem​. Attention, tu ne dois pas les avoir réussis, mais avoir suivi l’année complète, avoir accompli les stages, les travaux pratiques, présenté les examens.  Si tu as plus de 21 ans et moins de 25, alors, tu es dans les délais pour obtenir tes allocations. Et oui, pour les toucher, tu dois d’abord faire un stage d’insertion de 310 jours, puis introduire ta demande d’allocation avant 25 ans. 
  • Durant ton stage d’insertion, tu as répondu aux convocation du Forem et tu as obtenu deux évaluations positives. Comment ? en prouvant que tu cherches bien un emploi !

Pourquoi ça pose problème ? 

Ces mesures renforcent les inégalités sociales, car le choix des études (cycle court ou long, apprentissage d’une langue à l’étranger…) conditionne l’accès aux allocations d’insertion. Certains jeunes issus de milieux plus défavorisés vont peut-être hésiter avant d’entamer de longues études !

J’ai 19 ans et pas de diplôme… Ca sert à rien de contacter le Forem alors ?  Ben si quand même… Les conseillers Forem sont là pour t’aider dans ta recherche d’emploi, pour définir ton profil professionnel, pour te proposer des formations… Ce serait dommage de passer à côté !

Et quoi alors, j’ai fait de longues études et j’ai 25 ans… J’toucherai plus d’aide ? C’est bien ça le problème ! Tant que tu n’auras pas travaillé un an, tu n’auras droit à aucune allocation de l’Onem. Il te faudra alors trouver d’autres soutiens : parents, amis, CPAS…

J’suis jeune, alors, tout est foutu pour moi ? 
Les choses ne sont pas simples mais pas impossibles… Quelques conseils pour survivre à cette période : 

  • si tu le peux/le veux, mets un max de chances de ton côté : va à l’école et obtiens des qualifications
  • accumule les expériences valorisables sur un CV (projets persos, bénévolat…) ;
  • pense alternatif et solidaire pour dépenser moins (co-location, partage de voiture…) ;
  • parle de ta situation avec ta famille, tes amis, des professionnels (professeurs, conseillers emplois du Forem…). Ils pourront peut-être t’aider, te donner une idée… Et surtout, tu ne resteras pas seul ;
  • lis notre brochure « Manuel de survie après l’école»​​. Elle déborde de conseils, de pistes pour penser autrement, d’outils pour t’aider à faire le point et relativiser ; 

et pour faire entendre ta voix en tant que jeune, engage-toi. Pour des idées consulte la partie implique-toi​