Les 18-30, génération dépossédée ou active ?

D’après l’enquête de Solidaris-Mutualité Socialiste, la génération des 18-30 ans vit un réel mal être. Le passage d’un monde scolaire obligatoire à un monde plus ouvert semble éprouvant. Pourquoi ce passage est-il si difficile ? Pourquoi notre société n’offre-t-elle pas les clés du bonheur à cette génération ?

L’individu au cœur de la société

Avant, on demandait aux individus de croire sans poser de questions : croire au progrès, à la raison, à l’égalité, au devoir, à la nation. Les jeunes se construisaient en fonction d’un modèle social et idéologique auquel on leur demandait de se conformer : « tu étudieras la médecine comme ton père, tu seras catholique parce qu’il en a toujours été ainsi dans la famille, tu penseras ainsi parce que c’est comme ça que l’on a toujours fait… ».
Aujourd’hui, on te demande avant tout d’être toi-même, de te réaliser non plus par rapport à un modèle sociétal ou parental, mais par rapport à toi.
La société te confie la responsabilité de répondre à ses cinq injonctions :
  • sois toi-même,
  • choisis ta vie,
  • profites-en,
  • sois prudent,
  • sois tolérant.

Libre à toi de choisir comment te réaliser : en devenant star de télé-réalité, bénévole pour le quart monde ou en prenant des cours de guitare… Les possibilités sont multiples, tu es désormais seul maître de ton devenir !

Une injonction paradoxale

L’injonction paradoxale, c’est quand, d’un côté, tu reçois un message (ici, sois toi-même) et que d’un autre côté, on ne te donne pas les moyens d’y répondre.
Ainsi, aujourd’hui, ton entourage, mais aussi le monde publicitaire et médiatique te disent d’inventer ta vie sans contrainte et avec passion… Mais d’un autre côté, les moyens pour parvenir à te réaliser sont très inégalement répartis voire inexistants :
  • l’école prépare mal à affronter le monde, elle ne donne pas les mêmes chances à tous.
  • Le chômage et les emplois précaires n’assurent pas la stabilité financière, dans une société où être se résume souvent à consommer.
  • L’Etat, les politiques semblent avoir abandonné leur rôle de protecteur de la nation, seules l’économie et la finance paraissent dominer le monde.
Soumis à ce message paradoxal, tu peux ressentir des tensions et tu développeras ta propre propre façon d’y réagir. Néanmoins, l’étude a recensé trois grandes catégories de réactions dans lesquelles tu pourrais te retrouver. C’est évidemment une classification établie de façon très générale. Ne la prends pas comme un étiquetage figé !

Trois types de réactions

Trente-sept pourcents des jeunes vivent dans la peur et le rejet de l’autre. Ils se voient comme victimes de cette société qui les exclut, les empêche d’être. Ils se sentent abandonnés, dépossédés de leurs droits, de leurs projets et subissent leur vie plutôt que d’en être les acteurs. Ils ne sont pas pour autant résignés et se verraient bien participer à une action de masse pour faire évoluer la société.
 
A l’opposé, 17 % affirment ne pas être dans ce désenchantement. Ils sont acteurs de leur vie, ouverts au monde et aux autres. Ils croient aux changements venant des individus qui, en modifiant leur comportement, en développant les participations citoyennes, changeront la société.
 
Enfin, entre ces deux profils, il y a les 46 % d’indécis qui ne subissent pas vraiment leur existence, mais n’en sont pas les acteurs pour autant. Etant dans une phase de construction, ils pourraient rester dans cette indécision ou basculer dans un des deux modèles précédents.

Comment réagir ?

Face à cette désillusion, il ne faut pas perdre courage. Des pistes de changements existent, des initiatives citoyennes éclosent partout, des solidarités de proximité apparaissent. Peut-être, d’ailleurs, as-tu des idées ? Peut-être souhaites-tu nous les communiquer ? Peut-être aussi connais-tu un mouvement citoyen dont tu as envie de nous parler ? N’hésite pas, relaie-nous tes infos à l’adresse suivante et nous les publierons certainement : latitude.jeunes@mutsoc.be

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