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L'écran, une drogue ?

Thomas est amoureux. Et «cyberdépendant».

A l'âge de 32 ans, atteint d'agoraphobie aiguë, il vit reclus dans son appartement depuis huit ans. Ses seules relations avec le monde extérieur se font par l'intermédiaire de l'écran de son ordinateur. Y compris ses relations sexuelles.

Mais Clara, sa jeune partenaire virtuelle, ne lui suffit plus. Son assureur, à qui il a délégué la gestion de son existence, lui apprend qu'il a droit aux services de prostituées pour handicapés. Au même moment, son psychologue l'inscrit de force sur le site web d'une agence matrimoniale.

La gente féminine commence à défiler sur l'écran d'un Thomas éberlué. Thomas va-t-il tomber amoureux?

Ce film de Pierre-Paul Renders du début du 21ème siècle est complètement ouf ?

C’est de la science-fiction délirante, de la folie pure d’un disjoncté quelconque ? Probablement...

Le mot «cyberdépendance» fait pourtant bel et bien partie maintenant du jargon des psychiatres et autres psychothérapeutes. Ils ont même décrit les étapes par lesquelles on passe pour devenir «accro à Internet». En lisant ce qui suit, amusez-vous à remplacer «Internet» par « cigarette», «joint», «alcool» ou « ...».

«Si l’entourage insiste pour que le temps consacré à Internet diminue, on peut voir certains jeunes avoir recours à des tactiques qui font penser à une «dépendance ». Il peut mentir sur le temps qu’il y passe, prétendre qu’il n’arrive pas à se contrôler, fuir les conflits familiaux en se réfugiant devant son écran, avouer qu’il y passe trop de temps, se sentir plus proche de ses amis sur ICQ que de ses proches,...

Que ses contacts sur Internet deviennent alors plus satisfaisants et sexuellement plus excitants que ceux de sa vie hors ligne n’a rien d’étonnant car ses relations «virtuelles» échappent à cette bataille. (...) C’est dans la façon dont se déroule la troisième étape qu’on voit si Internet sera au service de la personne, ou l’inverse.»

Bien sûr, comme pour le GSM ou les jeux vidéos, c’est une dépendance très différente d’une dépendance à un «produit psychotrope».

Première différence : Internet n’est pas un « produit psychotrope» : il n’altère pas le fonctionnement du cerveau..., en tout cas pas directement... C’est dans les comportements du «surfeur fou» qu’il peut y avoir des points communs avec les drogues.

Deuxième différence : la dépendance à un produit psycho-actif a plutôt tendance à isoler l’usager, à l’enfermer dans cette «solution unique» du recours systématique à ce produit comme réponse à une difficulté. Internet est au contraire en principe THE média de communication... Sauf bien entendu si cette communication «par réseau» remplace finalement toute communication « en direct», «en chair et en os» - bêêêrk !

Troisième différence : le surfeur est face à un média où il doit être actif : c’est lui qui décide de cliquer ou non sur tel mot, sur tel dessin, sur telle bannière... Même si, invasion commerciale oblige, les stratégies pour nous manipuler, pour nous faire cliquer «à l’insu de notre plein gré», sont de plus en plus nombreuses, d’autant plus puissantes qu’elles sont discrètes et subtiles !


Quatrième et pas dernière différence (cette liste n’est évidemment pas complète) pour terminer sur une note positive : quel outil extraordinaire de recherche, de communication, de créativité, d’information, de divertissement, de démocratie, d’expression, de... A vous, surfeurs-(presque)-fous-mais-pas-(encore)-complètement-accro-d’Internet, d’allonger la liste des bons points d’Internet…

Dernière modification: 16/05/2007


 

 

 

 

 
 
 
 
 


 
 

 



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