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Les risques = danger pour l’individu

Des témoins entendus par la Commission d’enquête parlementaire belge sur les sectes ont parlé de manipulation, de déstabilisation, de dislocation et de destruction mentales.

Aliénation psychologique, endoctrinement, dépersonnalisation, violence morale, atteinte à l’autonomie de la volonté, voir même lavage de cerveau, sont des termes qui ont également été avancés.

Et pourtant on n’est pas dans la Trilogie de Nikopol.

D’autres atteintes à la dignité humaine sont parfois relevées : au mépris de toute législation sociale, certains adeptes sont obligés de travailler comme des forçats, des esclaves 10 à 12 heures par jour, sans percevoir le moindre salaire. Tous ne mangent pas à leur faim.

Des enfants sont abusés sexuellement. Ailleurs, ce sont les relations triangulaires qui ont la cote, quand ce n’est pas le libre échange ou la soumission sexuelle. Les tribunaux ont condamné certaines sectes pour pratique illégale de la médecine.

En outre, comme si cela n’était pas suffisant, l’adepte est généralement abusé intellectuellement et financièrement, «la forme la plus sérieuse de délinquance présumée des sectes, constate Alain Lallemand, étant le délit économique ».

L’aventure sectaire se termine parfois tragiquement : le 18 novembre 1978, 913 membres de la secte du Temple du Peuple se donnaient la mort en Guyane. La fin des Davidiens, retranchés dans leur camp de Waco au Texas et plus récemment (1994) celle de 74 adeptes de l’Ordre du Temple solaire au Canada et en Suisse fut tout aussi dramatique.

Pour les familles, la séparation, l’angoisse sont difficiles à vivre. Certaines connaissent également de gros problèmes d’argent.

Et après ?

Un adepte déçu, fatigué de croire et de dépendre aveuglément d’une secte, peut-il réintégrer la société ? Oui, bien sûr, mais tout est à refaire. Voici à ce sujet, un témoignage entendu par la commission d’enquête parlementaire :

«Il m’a fallu deux ans pour me défaire de la secte. J’ai dû réapprendre quelles étaient les vraies valeurs et les vraies normes. J’ignorais que celles qu’on m’avait inculquées n’étaient pas les vraies. J’ai dû, par exemple, réapprendre à parler, à parler avec une autre personne, à table, en prenant un café. Tous les contacts que j’avais étaient destinés à m’associer à la secte. Je ne pouvais plus mener de conversation normale. J’ai également dû réapprendre à oser me promener dans une rue commerçante, regarder un pantalon et même l’essayer. J’ai dû réapprendre à me maquiller, à organiser mes loisirs. J’ai dû repenser à la musique qui me plaisait autant d’années auparavant. C’était pareil pour mes passe-temps. J’ai dû réapprendre à faire de la danse. Cela a été très difficile et j’en supporte encore partiellement les conséquences. J’ai conscience d’avoir bien agi en venant témoigner ici. Mais je pense que, tantôt, je me sentirai à nouveau coupable. Eux préfèreraient me voir jetée dans le canal, une pierre autour du cou, que de me voir vivante.»

Y’a pas à dire, le traumatisme est profond.

En plus, au sein de la secte, l’adepte a été déchargé de toutes les responsabilités de la vie quotidienne. Il n’a plus jamais eu à prendre de décision. Recommencer une vie autonome, c’est tout simplement recommencer à vivre, tenter de reconstruire pas à pas la conscience de soi, retrouver la confiance en soi, retrouver ses marques dans une société qui pendant toute la durée du séjour dans la secte a été délibérément diabolisée.

Appartenir à une secte, c’est choper à coup sûr un «cancer psychique».

Dernière modification: 16/05/2007


 

 

 

 

 
 
 
 
 
 


 
 

 



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