Nous – Monsieur et Madame Tout le Monde, vous, moi, votre médecin, «la société» - a tendance à tout médicaliser… Pourtant, nous sommes en principe faits pour faire face aux difficultés qui ne manquent pas dans notre vie de tous les jours. Les médicaments devraient être réservés à des problèmes particulièrement lourds, en dernier recours et en tout cas pour de courtes périodes… Hum, hum…
Un médicament psychoactif, «qui agit sur le psy», doit toujours être prescrit par un médecin. Utilisé correctement (bonne indication, dose, fréquence et durée correctes, ...), il peut atténuer ou faire disparaître une souffrance psychique : angoisse, dépression, délire, ...
De nombreuses personnes prennent, avec ou sans prescription, des médicaments psychoactifs pour faire face à leurs difficultés quotidiennes et aux troubles qui en découlent. Les troubles du sommeil sont une cause fréquente de consultation.
Certains médicaments psychoactifs n’entraînent pas de dépendance physique, mais tous peuvent donner une dépendance psychique.
On peut considérer trois types d’utilisations détournées de médicaments :
- la toxicomanie médicamenteuse «primaire» : le médicament est consommé d’emblée dans un esprit de toxicomanie. Comme dans toute dépendance, la vie de l’usager est centrée sur la consommation du médicament ;
- la toxicomanie médicamenteuse chez les toxicomanes à d’autres substances : le médicament est pris pour la recherche de nouvelles sensations ;
- la toxicomanie médicamenteuse «méconnue» : le médicament est prescrit par un médecin en fonction d’un symptôme passager précis, souvent sans aucune autre mesure (psychothérapie, changement dans le mode de vie,...).
L’état se complique ou perdure, et l’escalade médicamenteuse s’installe...
Le malade croit en la nécessité de la prise de médicament, mais continue à ressentir ses difficultés ; le médecin essaye alors de nouveaux produits ou augmente les doses.
Pire : le malade peut en plus entrer dans un système de « zapping médical», cumulant médecins et remèdes, expérimentant lui-même ses mélanges, à doses plus ou moins fantaisistes... Dans ce type de toxicomanie médicamenteuse, probablement le plus fréquent, comment distinguer dépendance physique, psychique, crainte du symptôme ou simplement «désir de médicament» ?
Il y a 5 catégories principales de médicaments psychoactifs :
les tranquillisants,
les somnifères,
les neuroleptiques,
les antidépresseurs
les stimulants centraux.
Etant donné leur usage exclusivement soumis à la prescription d’un médecin et les risques de toxicomanie qu’ils présentent, nous envisageons ici également les analgésiques morphiniques.