Il y a des situations de surendettement à peine imaginables. Des gens qui ont accumulé tellement de dettes que l’on ne voit pas comment ils pourraient encore s’en sortir. Ces situations sont dues à des causes multiples. Une mauvaise évaluation des capacités de remboursement, des «sales coups de la vie» qui te/nous tombent dessus sans prévenir, des maladies, des accidents, la perte d’un emploi bien payé à un âge où retrouver un job devient difficile…
Il y a aussi des gens qui, «depuis toujours», sont incapables de gérer leur budget. Enfin, last but not least, toutes ces difficultés et problèmes sont à remettre dans le contexte d’une société centrée sur la consommation et les apparences. Difficile de résister à la pression des pubs qui nous promettent le bonheur si l’on achète la super bagnole turbo-injection-4X4-air condi-(air con, dis ?)-airbags-décapotable pour l’aventure et l’évasion ou la home cinéma dolby stéréo («indispensable» pour «vivre» «les aventures» des «candidats» de «L’Ile de la Tentation». Tous les guillemets sont pesés !)
D’autant plus dur de résister avec les propositions de prêts faciles des banques, de nombreux magasins ou des Pierre-Pol-Jacques prêteurs indépendants de leur état. Quand on voit qu’une personne qui est sur la paille et ne sait pas gérer son budget peut obtenir un crédit en quelques minutes, on peut parler d’incitation au surendettement !
Et comme souvent, plus on se sent exclu, plus on essaie de ressembler «à la masse». Moins on a les moyens de consommer, plus on a envie d’avoir «ce que tout le monde a». Dans une société de consommation, consommer c’est exister. «J’achète, donc je suis». « Je vends, donc vous achetez. Vous achetez, donc vous êtes. Je vends, donc vous êtes».
Autre aspect possible : quand certaines personnes se sentent mal, elles boivent une chope de plus que d’habitude. Pour d’autres, la compagne de malheur, c’est la gaufre, la crème glace ou la portion de frites mayonnaise. D’autres se sont spécialisés dans les joints pour oublier leurs problèmes. Chez une partie des personnes surendettées, le fait d’acheter peut avoir la même fonction apaisante.