De la même façon, dans une famille dite « monoparentale », les chances de réussite de la vie commune entre les enfants et le parent sont aussi grandes qu’ailleurs. Dans toutes les formules, ça peut marcher si [respect mutuel] + [« petits coins personnels »] + [communication au minimum minimale] + [règles de vie claires].
Les raisons de conflits ne manquent jamais ni nulle part.
Problèmes avec le(s) frère(s) et/ou la(les) sœur(s) : jalousie vis-à-vis de l’aîné qui peut tout faire, vis-à-vis du petit dernier, le « sale chouchou », chambre à partager, indiscrétion de l’un, l’autre qui fait trop de bruit, qui sent mauvais, qui fait le con, caractères opposés, incompatibilité d’humeur,…
Au risque de se re-répéter : tu n’as pas choisi ta famille, tes parents, ni ta fratrie. Tu n’es pas obligé(e) de les couvrir de baisers chaque fois que tu dois les croiser dans un couloir. Juste les respecter et qu’ils te respectent.
Problèmes avec les parents. « C’est pour ton bien !», « Tu as vu ta chambre ? », « Quand t’es-tu lavé(e) la dernière fois ? », « Tu bois trop ! », « Pas question de sortir, encore ! », « Si tu continues comme cela, tu ne réussiras jamais tes examens cette année »,…
Ils n’ont rien d’autre en magasin que des ordres, des reproches, des menaces ou des « bons conseils ». « Ah ! c’est pour mon bien, te dis-tu. Ils vont voir ! Au programme : nouvelle couche de désordre dans ma chambre, une semaine de plus sans toucher ni goûter de l’eau, je ne rentre plus entre mes sorties du WE, je n’étudie plus qu’en cachette, la nuit, à la lampe-torche ! Ah ça oui, ils vont voir ce qu’ils vont voir !».
Continue, si ça te fait du bien. Mais si ça devient ton seul système, il n’est pas beaucoup moins c… que le leur, sorry mais regarde-toi avec tes petites mâchoires serrées. Nouvelle petite séance de méditation. Tu es en position, on peut y aller ? « Un bras de fer n’est possible que quand il y a deux bras ».
Il faudra bien aussi un jour te rendre à la triste évidence suivante… Non, on ne te le dit pas, tu ne supporterais pas… Si ? On te le dit ? Tu te sens réellement prêt(e) pour une révélation à la limite du supportable ? Prends une profonde respiration, ferme les yeux. Voici : les adultes qui sont responsables de toi ne sont pas des dieux !
Ils ne savent pas tout, ils n’ont pas toutes les solutions à tous les problèmes, ils ne réagissent pas « comme il faut » dans toutes les situations, ils ne sont pas plus zen que moi et toi, ils ont leurs hauts et leurs bas. Bref, tes parents ont aussi leurs problèmes ! Voilà, maintenant tu sais. Oui, c’est dur, au moins aussi dur que le jour où tu as appris que Saint-Nicolas c’était de l’escroquerie.
Si tu es trop choqué, prends un petit repos, si tu veux, avant de continuer.
Conséquence de ces faiblesses chez « tes adultes » : ils ne sont pas à chaque seconde à ton écoute et à ton service. Ils ont aussi besoin de repos, de calme, de leurs loisirs à eux. De craquer, de gueuler, de pleurer parfois peut-être. Si tu te rends compte de ces moments « de creux » pour eux, profites-en ! Non, pas pour te moquer d’eux ! Non, pas pour faire tout ce qui te passe par la tête pour les faire râler !
Profites-en pour leur montrer que tu comprends qu’ils ne soient pas en forme et pourquoi pas pour leur proposer une petite aide. Même une toute petite aide, cela peut suffire. Peut-être qu’ils seront eux-mêmes plus attentifs quand ce sera toi qui auras le blues…
Le top des problèmes, la cata des catastrophes domestiques pour un jeune, ce peut être quand c’est entre ses parents que rien ne va plus. Difficile pour lui ou elle de ne pas culpabiliser, de ne pas s’en mêler, de ne pas prendre parti pour l’un et pour l’autre.
Pourtant, c’est leur affaire, pas la tienne. C’est plus facile à dire qu’à faire ! Le jeune peut avoir besoin d’aide et la trouver auprès d’une tierce personne. Autre piège à éviter, mais c’est peut-être le plus dur : ne pas s’installer dans un jeu à trois où l’enfant profite des difficultés entre ses parents pour gagner en liberté et en privilèges.
Sur le long et le très long terme, il y perdra finalement. Ces 2 personnes sont peut-être tes parents, « couple parental », mais aussi et avant tout un « couple tout court » ! Et chacun d’entre eux est avant tout une personne à part entière, indépendamment du couple…