La désirabilité sociale, voilà bien le mobile, conscient ou inconscient, de nos comportements conformistes, de notre adhésion – presque soulagée – aux valeurs essentiellement matérialistes que nous propose la société d’aujourd’hui. Le mimétisme (= processus d’imitation) rassure, il intègre, il rassemble. Il constitue le groupe, il établit la norme, il permet l’identification.
Ainsi, le vocabulaire, les expressions, les vêtements, les styles de musique deviennent-ils des repères d’appartenance à telle ou telle branche de la société. Lorsque dans les années septante toutes les gamines marchaient avec des sabots, lorsque dans les années quatre-vingt les cours d’aérobic faisaient le plein, lorsque aujourd’hui il devient impensable de se déplacer sans son GSM, toutes et tous ne faisaient - et ne font- qu’une chose: répondre à la pression sociale pour se rassurer et asseoir une appartenance.
Or, nous l’avons vu, c’est par rapport au groupe, à l’autre, aux références, que chaque individu construit sa propre image. Il est impossible de se sentir bien dans sa peau, d’avoir de l’estime pour soi, s’il n’émane des autres aucun amour, aucune reconnaissance.
Pour répondre à la question « qui suis-je ? », nous avons réellement besoin des autres, de leur regard, de sentir leur approbation. Et que croyons-nous qu’ils nous disent ? D’être comme eux, d’acheter comme eux, de manger comme eux, de parler comme eux. Est-ce à dire que l’originalité, le particularisme n’ont pas droit de cité ? Bien sûr que non, au contraire.
Et heureusement. Les voilà les bulles d’oxygène, les leviers qui font avancer. Mais pour cela, il faut être bien dans sa peau, prendre conscience de son identité et ne pas avoir peur de l’affirmer aussi bien dans ce qu’elle a de différent que de ressemblant.