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Les humanités sont-elles secondaires ?

Il y a tellement de choses intéressantes à faire en dehors de l’école qu’on en oublierait  que les études servent à faire de nous des citoyens responsables, prêts à affronter les affres de la vie adulte. Ça te laisse peut-être sceptique et c’est effectivement peu crédible, pourtant c’est le but avoué de la plupart des établissements scolaires.

Pose à un prof la question : « M’sieur, c’est pourquoi qu’on est forcé d’être là pendant six ans ? », il te répondra sans hésiter que c’est pour t’apprendre à parler convenablement le français, persuadé d’avoir un sens de la répartie hors du commun.

Par contre, ce qu’on n’apprend  pas ou peu en secondaire, c’est à y voir plus clair sur ce qu’on pourrait bien faire une fois sorti des classes fleurant bon la craie et l’aisselle de prof. La question est pourtant relativement essentielle, non ?

Les mieux placés pour avoir une idée précise de ce qu’ils vont faire comme métier sont bien sûr ceux qui ont choisi une orientation technique ou professionnelle (qui, comme son nom l’indique, dirige assez précisément vers une... profession). Si tu as fait le choix de ce type d’enseignement, c’est que tu as probablement une vague idée de ce que tu veux faire comme boulot : peu de gens passionnés d’électromécanique se lanceront tête baissée dans des études de droit. Et vice-versa !


Il en va de même pour l’enseignement artistique ; seuls les étudiants dotés d’un goût prononcé pour la musique, le dessin, le théâtre, la poterie ou la peinture se dirigent vers ce type d’enseignement. Les carrières ne sont pas toujours évidentes dans ce milieu vu le nombre restreint d’artistes reconnus de leur vivant... Mais « quand on aime on ne compte pas ». Et puis il y a pas mal de débouchés auxquels on ne pense pas d’emblée…

Pour les élèves de l’enseignement général par contre, c’est autrement plus flou. L’avantage, c’est qu’une fois sortis de rétho, ils peuvent plus facilement se diriger vers à peu près n’importe quelle orientation. L’inconvénient, c’est qu’ils n’ont souvent aucune idée de ce qu’ils vont faire, ni à court terme ni encore moins à long terme.

Sauf ceux qui, depuis leur plus tendre enfance, savent qu’ils deviendront médecin (ils adoraient jouer au docteur avec leur petite voisine !) ou ingénieur (ils construisaient des répliques de l’Atomium au 1/100ème avec des allumettes !). Malheureusement, nous n’avons pas tous la chance d’avoir une voisine de palier délurée ni près de 385 293 allumettes à notre disposition. Résultat des courses :

80 % des élèves ignorent, avant la fin de leurs études secondaires, le type d’études qu’ils vont entreprendre.
La plupart des élèves du secondaire ne choisissent leur orientation que dans la seconde moitié de leur rhéto.
L’orientation vers les études supérieures se fait souvent, à défaut de centres d’intérêts puissants, par un choix négatif, c’est à dire par élimination, ce qui n’est peut-être pas un facteur de réussite pour la suite... Ou par effet de « mode », ce qui n’est pas de meilleur augure. Ainsi, après une vague de « psychologues », on a eu les « informaticiens » puis les « communicateurs »,… 

 

Dernière modification: 22/05/2007


 

 

 

 

 
 
 
 
 
 


 
 

 



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