Chez les personnes laissées-pour-compte de notre planète, habitants de pays pauvres ou marginaux de nos pays riches, c’est pour survivre physiquement qu’il faut impérativement trouver chaque jour leur maigre pitance.
Mais le fait de manger est pour certains aussi une façon de soulager les tensions, un peu comme une cigarette, une bière, un joint ou un tranquillisant. Ce n’est peut-être pas une dépendance comparable à une assuétude à un autre produit, mais « perte de contrôle » et « état de manque » peuvent néanmoins survenir.
Comme le dit superbement le Professeur Armand Basdevant, du service de médecine et de nutrition à l'Hôtel Dieu à Paris, « l'obésité est une affection de l'adaptation à l'environnement (…). Parmi les très nombreuses conduites adoptées pour soulager les tensions et les conflits, la prise alimentaire a bien des avantages. Elle est immédiatement accessible, relativement peu coûteuse, "propre", socialement admise, assez efficace à court terme et sans effets secondaires immédiats. Si elle reste occasionnelle, cette solution peut être adaptée.
Lorsqu'elle se répète et enferme l'individu, elle pose problème…». (Comme pour plein d’autres produits et comportements, non ?)