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Les troubles des conduites alimentaires, quand manger devient trop dur…

En quelques mots simples, c’est quoi ?

Les troubles des conduites alimentaires… un mystère pour certains, une vraie souffrance pour d’autres. Pas facile d’y voir clair. Il s’agit d’un dérèglement important, souvent inconscient dans le rapport à la nourriture.  Ce dérèglement n’est pas seulement physique mais aussi psychologique ou relationnel. Ca dépasse donc l’échange d’insultes entre les parents et leurs ados qui refusent de manger leur poisson.

Les personnes qui en souffrent ont une peur intense de prendre du poids. Elles se voient toujours trop grosses, même quand elles ont leur poids minimal normal (calculer ton IMC ?) Pourquoi ? La vision qu’elles ont de leur corps est déformée. On a beau leur dire l’inverse, elles n’arrivent plus à se voir  « normalement » dans le miroir. Même si elles réussissent plein de choses, ce n’est bien entendu jamais assez bien. Pour elles, l’estime se résume presque toujours à des questions de poids et de formes.

Obligé de manger ?
Pour vivre, nous devons manger. Pour beaucoup de personnes, c’est devenu un plaisir (une soirée spaghetti avec les potes, un bon resto avec l’élu(e) de ton cœur). Pour d’autres, c’est un combat permanent. Mais pour d’autres encore, c’est un réel problème (la peur de la nausée, la phobie de la prise de poids…)

On ne verra ici que les deux principaux troubles des conduites alimentaires : l’anorexie (l’anorexie mentale) et la boulimie.

La différence principale entre ces deux troubles est la suivante :
la personne anorexique ne mange plus ou presque plus. Elle essaie de se contrôler pour ne plus être obligée de manger.
la personne boulimique  perd totalement tout le contrôle sur la nourriture. Elle va alors avaler tout ce qu’elle trouve et puis vomir, faire des heures d’exercices ou prendre des laxatifs.
Ces deux troubles ont quand même un point commun. En effet, on pourrait y voir des problèmes uniquement physiques mais c’est souvent le signe que quelque chose d’autre ne va pas. Ce n’est donc pas « seulement » une question d’estomac ou de furieuse envie de maigrir pour être top canon.  N’y voyons plus un « comportement  égoïste de fi-filles pourries gâtées qui veulent se venger de leur vilaine famille à problèmes ! »

Qui ?
La difficulté avec les  troubles des conduites alimentaires, c’est que ça reste souvent un message codé! On ne comprend pas exactement pourquoi, ni comment, ni jusqu’où ça va aller, ni si ça guérira complètement. Mais ce que l’on peut crier haut et fort, c’est que les personnes qui en souffrent ne sont pas forcément des  « gros(ses) » qui veulent maigrir. Ce ne sont pas non plus des personnes traumatisées ou des malades mentales.

S’il n’y a pas de réponse exacte, il y a quand même des pistes solides. Les personnes qui en souffrent sont obsédées par leur poids. Cette obsession peut venir d’un traumatisme vécu d’une personnalité fragilisée, de l’organisation de son entourage, … de plein de choses alors ? Oui, de l’interaction de certaines choses en tout cas : une mauvaise estime de soi, un drame vécu, une grande difficulté à exprimer ses émotions, …

Ces troubles se retrouvent plus chez les adolescentes car l’entrée dans la puberté est un moment difficile à gérer : l’apparition des formes du corps, les règles, devenir une femme, … Certaines sont effrayées par ce passage et aimeraient tout stopper. Mais des garçons en souffrent aussi.

Distinguer les deux…
S’il est  facile de distinguer ces deux troubles sur une feuille de papier, ce n’est pas toujours évident de le faire « en réel ». On ne peut pas toujours dire avec certitude : cette personne est anorexique, celle-ci est boulimique. Bien sûr, il y a des signes flagrants qui permettent de les différencier mais parfois, les 2 maladies s’alternent. Par exemple, une personne anorexique peut avoir des épisodes boulimiques. Une personne boulimique peut aussi être une « ancienne anorexique qui fait une rechute». Autrement dit, le mal-être est encore présent, mais visible différemment.

Je crois que j’ai un problème, ma copine a un problème…que faire ?
Pas la peine d’ameuter tous les PMS de la région dès que ta(ton)  meilleur(e) ami(e) entame un régime.  Mais essaie de lui prêter l’oreille si tu le(la) « soupçonnes » de souffrir, même en silence. Plus tôt on met le doigt sur le trouble, plus les chances de guérison sont grandes. Donc, autant essayer de réagir le plus vite possible. Comment ?

Sois le plus possible à l’écoute de ton corps. Tu perds du poids de manière  exagérée, tu t’interroges sans arrêt sur tes kilos, sur le regard des autres, sur les tailles de tes pantalons, sur l’apport en graisse de tel aliment… ? Tu es souvent fatigué(e), tu ne ressens plus la faim ? Prends ton courage à deux mains, pose des questions à ton entourage et à des professionnels. Cela ne veut pas dire pour autant que tu es malade mais cela vaut la peine de s’interroger, surtout si tu te sens mal.
N’hésite pas à interpeller un(e) ami(e), sœur/frère…que tu penses en souffrance. Dis-lui que tu t’inquiètes pour lui/elle. Ne la/le force pas à manger,  elle a peut-être carrément oublié le sentiment de faim. En cas de boulimie, le nourriture peut aussi créer un dégoût .
Que ce soit toi ou quelqu’un d’autre, l’important est d’en parler, même si c’est pas du gâteau ! A tes parents, ta meilleure amie…mais surtout à un médecin, au PMS de ton école, à un centre de guidance, à un psy… Ils t’aideront à y voir plus clair ou t’orienteront vers des personnes qui pourront t’aider.

Envie d’en parler ?

L’anorexie

« Elle se promène dans la cour et tous les regards se tournent sur elle. Elle est tellement bien avec ses longs cheveux, ses yeux en amande et son corps de rêve. Un rêve construit par la mode à laquelle je me plie, par les magasines que je lis, par les pubs que je regarde…Un rêve qui passe devant moi et que je contemple, songeuse… Ce matin plus qu’un autre je me trouve moche et puis grosse, et si seule… »

Une histoire parmi tant d’autres. Une histoire inventée mais qui pourrait être celle de milliers de jeunes filles.

Qui ?
Qui n’a jamais rêvé d’avoir la taille mannequin ? Qui n’est jamais resté bouche bée devant les gens qui prétendent pouvoir se passer de manger? Ne mentez pas, ça nous a presque tous effleuré un jour l’esprit. Pour certain(e)s, ça dépasse ce stade et tourne à l’obsession.

Aujourd’hui, on ne parle plus de « la » fille anorexique de l’école, celle qui est à l’hôpital, juste parce qu’elle voulait maigrir. En Wallonie-Bruxelles, l’anorexie touche plus de 1000 jeunes filles de 15 à 19 ans. Les garçons sont concernés aussi (moins mais quand même, ne les oublions pas). De plus, certains enfants, même très jeunes, souffrent d’anorexie.

Ce qui se passe…
Tu n’y échapperas pas : pour essayer d’y voir un peu plus clair dans une maladie, on s’intéresse à ses symptômes. Pour t’épargner les termes médicaux, on te présente plutôt ce qui est « visible » dans la vie de tous les jours et ce qui se passe au début du trouble :

un refus de manger certains aliments. Dans certains cas, ça peut aller jusqu’au refus de manger tout court ;
des excuses pour passer des repas (« Je rentrerai plus tard », « J’ai un travail à finir », « je ferai réchauffer mon plat »…) ;
un refus de « remonter » à un poids normal, une obsession de la minceur et une peur intense de grossir. Les personnes anorexiques ont un poids inférieur à la « normale » ;
une vision déformée de son corps (les anorexiques se trouvent toujours trop gros(ses)) et donc un refus de reconnaître le problème ; 
une obsession qui tourne autour de la nourriture (comment maigrir, se peser plusieurs fois par jour..) et un désir de tout contrôler. Les personnes anorexiques montrent souvent un grand contrôle, réussissent beaucoup de choses, semblent très sûres d’elles.

Comme le corps est privé de pas mal de choses, des autres signes apparaissent :
insomnie, grande fatigue ;
teint pâle ;
difficultés de concentration ;
irritabilité, dépression ;
isolement social ;
dans les cas les plus graves, l’anorexie peut conduire à  la mort.

Comme tu vois, les conséquences sont physiques, sociales mais aussi psychologiques.
Ce qui est important à retenir, c’est que toutes ces manifestations ne sont pas forcément présentes chez une personne. Bien plus, les personnes anorexiques ont développé mille astuces pour cacher leur trouble (mensonges, vêtements très larges, refus d’invitations…). Souvent, elles ne sont même pas conscientes de leur trouble et de la gravité de celui-ci. Ce n’est donc pas facile de remarquer un problème d’anorexie,  même pour les proches.

La boulimie…

On entend souvent dire: « Elle arrête pas de bouffer celle-là, elle est super grosse, quelle boulimique ! » Voilà un exemple de mot que l’on utilise un peu n’importe comment. La boulimie, ce n’est pas « que » ça, loin de là.

Qui ?
Les personnes boulimiques ont très souvent un poids « normal ». C’est vrai qu’elles vivent des épisodes où elles mangent énormément.  Mais suite à ça, elles se « punissent » pour garder un poids normal et éliminer tout ce qu’elles viennent d’avaler. Parfois, des boulimiques ont un poids inférieur à la norme. Chacun(e) vit différemment son trouble et chaque corps y réagit différemment.

Un poids souvent normal, des tentatives désespérées pour  cacher leur trouble, un comportement « dans la gamme normale » pendant les repas familiaux… autant d’éléments qui rendent très difficile la découverte de ce trouble chez quelqu’un. Que les parents et les proches ne se culpabilisent pas de n’avoir rien vu venir.

Ce trouble apparaît souvent plus tard que l’anorexie (vers 18-20 ans)  et touche environ 1% des filles et jeunes femmes.

Ce qui se passe
La personne qui en souffre va passer par des épisodes où elle peut manger tout ce qui passe devant elle. Elle perd totalement le contrôle de son corps et la nourriture est une  OBSESSION pour elle.  Comme elle souffre d’une terrible angoisse de prendre du poids et de devenir obèse, elle va ensuite essayer d’éliminer ce qu’elle a ingurgité. La personne boulimique peut donc vomir plusieurs fois par jour, faire des heures intenses d’exercices, prendre des laxatifs et des vomitifs…Souvent, elle a terriblement honte de ces épisodes de bouffe intense. Cela peut la conduire un dégoût de sa personne et l’estime qu’elle a d’elle-même peut devenir très basse. Elle peut essayer de masquer sa détresse dans ses relations avec les autres. Dans une situation plus intime, cela devient beaucoup plus compliqué à passer sous silence. Elle peut alors à nouveau perdre les pédales.

La boulimie a des conséquences négatives aux niveaux physique et psychologique :
- épuisement ;
- irritabilité ;
- dépression ;
- dégoût de soi ;
- difficulté de se concentrer ;
- toutes les pensées sont orientées vers la nourriture : compter les calories, sélectionner les aliments et les menus ;
- des douleurs dans l’estomac et dans les abdominaux.

Vomir sans cesse, cela a malheureusement aussi des conséquences négatives à long terme :

- les dents s’abîment, des caries se forment ;
- des problèmes apparaissent dans les reins ;
- l’œsophage s’enflamme.

Comment ?
On se demande souvent comment on peut en arriver au point de se faire vomir plusieurs fois par jour. On pourrait aussi se dire « Mais pourquoi elle mange autant, elle sait bien qu’elle va être malade et qu’elle va vomir. »

Il n’en est rien ! La personne boulimique souffre d’une véritable obsession de la nourriture. Quand elle se sent seule, malheureuse, blessée, fatiguée, énervée, triste…elle ne parviendra pas à se retenir de se ruer sur le frigo. Et même si elle y parvient un moment, l’obsession la tient toute la journée, et le jour suivant,  jusqu’à ce qu’elle craque. Vomir et un acte volontaire, mais subi qui n’a rien à voir avec une indigestion.

Dernière modification: 16/05/2007


 

 

 

 

 
 
 
 
 
 


 
 

 



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