dit que le cousin du grand-père d’une de ses connaissances a été victime.
Ce qui est sûr en tout cas, c’est que ce sont ces violences physiques dont on a le plus peur. Et c’est sur ce sentiment d’insécurité que les politiciens (ici français) ont fait campagne !
Et c’est vrai que c’est plutôt pompant !
Des quartiers entiers dans lesquels «les honnêtes citoyens - et surtout citoyennes» n’osent plus se pointer après la tombée du jour ;
Des profs qui n’osent «plus jamais tourner le dos aux élèves », qui se retrouvent à l’hôpital après 1 compas dans le dos et une armoire sur la tête. Ou en dépression chez le psy après 3 pneus crevés et 2 menaces de mort. Sans compter les insultes ;
Des filles qui doivent rester groupées quand elles se baladent dans leur campus universitaire depuis qu’une étudiante y a été victime d’un viol collectif ;
Des petites vieilles traumatisées à vie depuis que des petits voleurs les ont jetées dans le fossé après avoir piqué leur sac à main ;
Des gosses de tout âge qui osent enfin avouer que, s’ils piquent de l’argent dans le portefeuille de leur père, c’est par peur d’être tabassés par leurs racketteurs ;
On en passe, et des pires.
C’est vrai que c’est plutôt pompant ! Et traumatisant pour les victimes ! Et qu’il faut combattre toutes ces violences. Et punir les personnes qui s’en rendent coupables.
Mais il n’y a pas de solution miracle, n’en déplaise à Le Pen ou à d’autres politiciens plus «politiquement corrects». Le problème ne sera pas résolu en mettant dehors «ces sales étrangers» ou «ces sales romanichels»! Ni en isolant «ces sales jeunes», « ces sales chômeurs», «ces sales pauvres»,… !
Puisque la violence «est en nous», comment utiliser l’énergie de nos pulsions agressives en projets constructifs plutôt qu’en violence destructrice ? That’s the question ! But who has THE answer ?
Nous n’avons évidemment pas les solutions «clé sur porte», sinon nous serions Premier Ministre Belge ou Président de la République Française. Sinon au moins conseillers de Verhofstadt ou de Chirac. Simplement on se dit qu’une piste possible serait de (re)jeter un œil sur «les quatre portes principales d’accès à la violence» selon Patrick Traube :
- la dévalorisation : comme chez une personne «économiquement marginalisée» ;
- la non-reconnaissance : comme chez une personne habitant en Belgique, dont on nie et condamne la culture d’origine et à qui on refuse le droit de vote ;
- le sentiment d’impunité : comme pour une personne qui, après chaque délit, se retrouve dans la même situation, sans vraie sanction ni vrai suivi ;
- la frustration liée à un sentiment d’injustice : comme chez quelqu’un que l’on montre du doigt sans raison valable…
Il y a une forme de violence physique particulière qui mérite une place importante : la violence sexuelle.
Le viol, bien sûr, c’est l’agression sexuelle à laquelle on pense d’emblée, acte impensable, où on se dit que l’homme n’est parfois qu’une bête ! C’est l’acte sexuel subi sous contrainte : un homme (ou plusieurs ; on parle alors de «tournante» ou de «viol collectif ») force une femme à avoir des rapports sexuels.
Le viol est un crime et puni comme tel. Une des particularités de cette forme de violence physique est que la femme victime a tendance à en avoir honte ! C’est de moins en moins le cas, mais souvent les femmes victimes de viol hésitent à porter plainte, ou même simplement à en parler !
Sans compter que dans la plupart des cas, elles connaissaient leur agresseur. Donc après un viol, non seulement la victime est traumatisée physiquement et marquée psychologiquement à vie comme après toute agression physique mais elle se sent en plus «salie», «sale», «honteuse»,… Malheureusement, il existe des traditions violentes qui restent d’actualité.
Certaines communautés continuent à pratiquer les « crimes d’honneur», càd un membre de la famille qui bat ou tue une femme pour «laver l’honneur» du clan. Prétexte brutal et morbide de cette violence exacerbée : un comportement jugé «immoral» de la part de la femme.
On te disait que les victimes de viol connaissent souvent leur agresseur, il arrive même que celui-ci soit leur compagnon ou un ex (c’est le cas dans la moitié des viols !). Encore plus difficile à dénoncer et à faire reconnaître par l’entourage tant la notion de «devoir conjugal» reste encore ancrée.
Ce n’est que depuis 1989 que la loi belge punit le viol conjugal ! Le mariage (ou le fait d’être ensemble) ne donne donc pas un droit sur la sexualité. Comme dans tout couple, l’acte sexuel doit rester un choix pour chaque partenaire.
A côté du viol, il y a un tas d’autres violences sexuelles comme les attouchements, le «pelotage» ou autres « mains aux fesses» ou «baladeuses». Cela paraît plus anodin (surtout aux yeux des hommes, en tous cas de certains hommes !), et pourtant ce sont déjà des violences inadmissibles ! Même le voyeurisme, même les «simples» sifflements en rue peuvent déjà être vécus et ressentis comme des agressions pénibles.