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«C’est la faute à la Télé !»

Rapide coup de projecteur – racoleur, superficiel, partisan et manipulateur comme les news d’une télé privée ! – chez Oncle Sam, notre «modèle» d’Outre Atlantique : il paraît qu’aux Etats Unis, avant leur cinquième anniversaire, les enfants ont vu à la télévision une moyenne de 40.000 assassinats et quelque 200.000 actes de violence !

Chez nous, le problème n’est sans doute pas (encore) aussi aigu. Mais personne n’oserait plus le nier : des films d’action à la musique populaire en passant par les publicités et les actualités télévisées, les médias assènent aux enfants et aux jeunes (et moins jeunes d’ailleurs) une dose massive d’images de tous poils.

OK, insulte-nous, traite-nous de ringards, dépassés, vieux jeux, anachroniques, ridicules, contre-productifs, «économiquement incorrects»,… parce qu’on est contre cette violence du petit écran.

OK, mais tu es quand même d’accord qu’on se pose des questions sur l’influence de cette violence sur les comportements ? On peut ? Merci ! Qu’est-ce qui reste de la violence médiatisée quand les télés s’éteignent, quand les jeunes – et moins jeunes ! - se retrouvent entre eux, face aux problèmes et aux réalités de tous les jours ? Figure-toi que tout le monde n’est pas encore d’accord la-dessus !

Pour les uns, ce qui domine, c’est un phénomène de «mimétisme» : le téléspectateur aura tendance à reproduire les comportements violents vus à la télévision.

D’autres pensent que c’est exactement le contraire qui se passe. Ils parlent de «catharsis», une espèce de «purification» produite chez les spectateurs par une représentation dramatique (Aristote) : la télévision permettrait une «prise de distance» par rapport aux comportements qu’elle donne à voir.

Si la question n’est pas encore tranchée, c’est que les enjeux, en particulier économiques, sont inimaginables ! Mais c’est aussi, même si Sherlock dirait le contraire, parce les choses ne sont pas élémentaires mais beaucoup plus complexes...

Nous voyons au moins trois facteurs qui influencent la façon dont les images sont «vécues» :

  • La façon dont ces images sont montrées (Rôle de l’«émetteur» : dramatisation, commentaires, mise en perspectives, notions de «violence gratuite» et de «violence nécessaire à la compréhension de l’événement»,...)
  • La capacité «culturelle» du téléspectateur à recevoir les images (Rôle du «récepteur» : âge, expériences antérieures, niveau de formation, capacité de recul, maturité, équilibre psychologique,...)
  • Les circonstances de «rencontre» entre l’« émetteur» et le «récepteur» de ces images (Rôle du «contexte» : vécu et sentiments actuels du téléspectateur, conditions physiques, rareté ou chronicité de visionnement, encadrement, introduction avant, discussion après,...).

Dernière modification: 22/05/2007


 

 

 

 

 
 
 
 
 


 
 

 



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