Le psy : dans le doute, ne t'abstiens pas
Si tu penses que tu présentes plusieurs symptômes de dépression, parles-en ! D’accord, c’est plus facile à dire qu’à faire ! Mais y’a que toi qui peux l’faire.
Alors, nous, on peut que te l’dire : parles-en ! A ton médecin de famille ou dans un centre spécialisé. Ton interlocuteur/trice cherchera avec toi différentes pistes adaptées à toi et à ce que tu vis. Si tu consultes un psychologue, il pourra t’aider à y voir plus clair. Ton généraliste – ou un psychiatre - te prescrira des médicaments, s’il estime que c’est nécessaire.
Petite parenthèse éclairante sur «les psy ».
Pas toujours facile de s’y retrouver ! Il y a les PSYchiatres, médecins spécialistes, seuls «psy» à pouvoir prescrire des médicaments. La grande majorité sont très bien, mais certains sont parfois un peu trop rapides sur la balle pour donner des médicaments et considérer que c’est «la» solution par excellence…
Il y a les PSYchologues, qui ne sont pas médecins (donc pas de médicaments !), mais qui ont fait une formation en psychologie à l’université.
En principe, psychiatres et psychologues qui proposent des séances de thérapie doivent avoir suivi pour cela une formation complémentaire.
Et les PSYchothérapeutes, alors ? C’est ici que cela se complique encore un peu. Malheureusement, le titre de «thérapeute » n’est pas (encore) protégé en Belgique en 2006 et «n’importe qui» peut mettre une plaque « thérapeute» sur sa façade ! Difficile de savoir à qui on a à faire…
Si c’est un psychiatre ou un psychologue, en principe pas de problème : ses études et formation(s) complémentaire(s) lui ont permis d’acquérir les compétences requises. Il y a aussi des «thérapeutes» qui ne sont ni psychiatres ni psychologues mais qui ont suivi une formation longue et au moins officieusement reconnue et qui peuvent faire du très bon travail.
Mais à côté de cela, il y a aussi… n’importe quoi ! Charlatans, escrocs, «apprentis gourous»,… qui tentent de profiter de la faiblesse du patient pour lui pomper un maximum d’argent. Sois donc vigilant(e) ! Parles-en autour de toi à des personnes de confiance et n’hésite pas à poser directement les questions que tu veux au «thérapeute » en face de qui tu te retrouves !)
Beaucoup de gens, les jeunes particulièrement, pensent qu'aller trouver un médecin pour des problèmes psychologiques, c’est synonyme de folie, de faiblesse de caractère, voire de lâcheté :
Primo: la dépression n'a rien à voir avec la folie. Il est donc peu probable que tu sortes de chez le psychiatre harnaché d’une camisole de force ! Une personne souffrant de dépression n'est pas folle. C'est toi qui es fou de penser ça !
Secundo : aller parler de soi, de ses problèmes à un médecin, le plus souvent inconnu, relève certainement plus du courage que de la lâcheté (enfin, il nous semble!)
Tercio : et puis même ! Y’a pas de honte non plus à être «fou» !
D'autres pensent encore que ce n'est certainement pas un «trouduc de psy» qui pourra les aider à se sentir mieux quand des personnes, même très proches, n'ont été d'aucune aide.
Même si c'est clair qu'on ne va pas chez un psychiatre avec la même gaieté qu'on regarde un Louis de Funès ou un spectacle de Djamel, c'est donc une personne qui peut t’aider à sortir de cet état dépressif qui te pourrit la vie depuis trop longtemps déjà (à toi ou à l’un(e) de tes potes, on va pas le dire chaque fois !).
Il faut évidemment savoir que le psy n'est pas un magicien non plus : le patient reste le principal acteur de sa guérison, même s'il n'en a pas toujours la force. Le psy, le médecin, voire les médicaments n'apportent en vérité qu'une aide, un tremplin, cependant souvent indispensable.
Ajoutons qu'une dépression soignée dans des délais brefs a des chances de guérison beaucoup plus élevées et rapides qu'une crise qui perdure depuis des années.
En résumé, si tu souffres «dans ta tête» depuis plusieurs mois sans trouver d’échappatoire, ne te prive pas des aides possibles à cause de tes préjugés ou de ceux des autres. Ce serait sans l’ombre d’un doute un très mauvais calcul…