Qu’en est-il chez nos voisins et néanmoins amis européens? A l'aube d'une Europe unie sous la même bannière étoilée, les législations relatives au cannabis diffèrent pas mal. Tout le monde connaît le cas hollandais et ses coffee shops enfumés mais que se passe-t-il en France, en Grande-Bretagne ou en Suisse. Mini tour d'Europe:
• France: Le débat sur la dépénalisation du cannabis est un des préférés des Français, juste derrière les sujets qui touchent de près ou de loin, mais plutôt de près, au sexe. Surtout si c'est Dechavanne ou Delarue qui anime. Dans la législation française, le modeste petit fumeur occasionnel et le gros trafiquant d'héroïne coupée à la javel sont tous deux condamnables. Le délit d'usage est passible de 2 mois à 2 ans de prison et une amende entre 500 FF (75 euros) et 5.000 FF (tu fais X10). Le trafic risque un peu plus: de 2 ans à 20 ans et jusqu'à 50 millions d'amende (tu fais X100.000!). Dans les faits, c'est un peu moins "hard" mais la police a le droit d'arrêter toute personne en possession de cannabis. Plus encore : pas question pour un quidam français de faire «l’apologie» des drogues sans tomber sous le coup de la loi et des sanctions pénales qui en découlent. Une bonne partie de la société civile proteste depuis des années sur cet état de fait qu'elle considère comme une atteinte à la démocratie. Everybody must get stoned…
• Italie: Une loi de 1990 réprimait indistinctement la possession et l'usage de tous les stupéfiants avec des peines variant de 6 mois à 20 ans de réclusion. Stupéfiant, non? Un changement s'est opéré en 1993 où un referendum a entièrement dépénalisé la consommation des drogues. Le commerce est toujours formellement interdit.
• Grande-Bretagne: D'après un rapport officiel du Centre européen de contrôle de la drogue, les Anglais sont les plus gros fumeurs de cannabis de toute l'Europe. Plus de 40 % des jeunes de 15 à 16 ans auraient déjà goûté au chanvre indien au moins une fois dans leur vie. La loi y est pourtant une des plus dures. Et même si dans la pratique, le contrevenant s’en tire le plus souvent avec un simple "avertissement", celui-ci entraîne l’ouverture d’un casier judiciaire pouvant fermer les portes d’un emploi dans de nombreux secteurs.
• Allemagne: La vente et la détention sont des infractions pénales et rien ne laisse penser que quelque chose change à court terme. La sévérité des parquets varie sensiblement selon les régions. Les conducteurs contrôlés positivement au "canna-test" se voient très souvent retirer leur permis de conduire.
• Pays-Bas: Les Hollandais possèdent le régime européen le plus souple en la matière. Cependant tout n’est pas permis, loin s’en faut. La vente et la possession de cannabis sont toujours illégales en dehors des coffee shops. Ceux-ci sont soumis à des règlements très stricts et plus d’un établissement a dû fermer ses portes pour ne pas les avoir respectés scrupuleusement. La consommation et la détention d’autres drogues sont rigoureusement interdites, même dans l’enceinte des coffee shops. Il faut naturellement 18 ans accomplis pour accéder à ces fameux "shit-bars" hollandais.
• Espagne: La loi n’y interdit la consommation d’aucune drogue, sauf dans les «lieux publics»! En pratique, la consommation de cannabis dans les lieux publics est rarement sanctionnée. La détention est tolérée pour usage personnel, mais la vente et la culture constituent des infractions pénales dont la sanction sera d’autant plus lourde qu’existeront des circonstances aggravantes (clients mineurs, produits frelatés, réseau organisé, plus d’un kg, …).
• Portugal: Une loi a dépénalisé la consommation de produits stupéfiants, ainsi que leur acquisition et leur détention pour consommation personnelle.