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Marion, 16 ans, alcoolique
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Marion, 16 ans. Alcoolique. Et je m’en fous. Les descriptions c’est pas mon truc, c’est lourd, c’est chiant, bref, j’aime pas. Quand bien même je me décrirais avec éloquence... à quoi bon ? Hors de question qu’on se lamente sur le sort d’une pauvre ado en crise, d’une addict à la bouteille, d’ une alcoolo quoi. La pitié j’aime pas, le monde dans lequel j’ai atteri, j’aime encore moins. Tous des cons ! Des parents trop naïfs, des profs qui te saoulent de 8 à 16, des potes qui te poignardent dans le dos... qu’ils s’agissent du brillant médecin qui s’enrichit sur le dos de la souffrance humaine ou encore de cette caissière de supermarché à l’air bovin qui te déprime pour au moins trois jours... cela ne fait aucune différence : ils m’écoeurent. L’être humain n’est qu’une oeuvre ( peut-on seulement employer ce terme ?) de mauvais goût, un gâchis auquel j’assiste avec désolation. N’y a-t-il pas d’issue ? N’existe-t-il donc aucun échappatoire à ce dégout permanent ? Bien sûr que si, il y a l’alcool. Quelques gorgées et tout divague, ce stupide monde s’écroule et te voila catapulté(e) vers un univers rien qu’à toi. Le pied. Je bois pour m’évader. Je bois pour vivre. Je bois en cachette... c’est encore plus excitant. Mes parents dorment et moi je me saoule toute la nuit jusqu’à ne plus pouvoir tenir en main une bouteille. Je bois seule : personne ne m’accompagne dans mon escapade, c’est privé. Boire avec des amis ? Pour quoi faire ? C’est juste le côté débauche qui les excite : ils sont torchés morts et s’en vantent le lendemain, c’est « so cool », on ne peut que s’incliner devant tant de gloire... ils ne comprennent décidément rien ces imbéciles. 4h du mat’ La nuit s’écoule et... l’alcool aussi. Bientôt je ne serai plus capable d’aligner les mots, l’ivresse me gagne, ce que j’aime ça. Trinquons ! L’alcool est mon sang, deviendra-t-il bientôt le vôtre ? Olivia, 18 ans |
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Dernière modification: 22/05/2007
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