Accueil | Choix de région | Adresses et liens utiles | Contacts | FAQ | Rechercher

 

Joey et l’alcool

Moi c’est Joey, ma drogue c’est l’alcool.
J’ai treize ans. J’ai l’âge où les boutons apparaissent sournoisement, où un fin duvet blond se propage sur mon visage, où la maigreur me rend déglingué. Je n’ai pas l’âge pour vider quotidiennement ma bouteille de whisky. Et pourtant.
La descente aux enfers a commencé il y a deux ans.
Ma mère et mon père se disputaient sans arrêt, sans raison, pour des prétextes bidons. L’argent revenait souvent sur le tapis. Ma mère dépensait trop selon mon père, qui n’était qu’un faignant selon ma mère. Apparemment, je n’étais pas le seul dans le cas. A l’école, on discutait souvent entre copains des disputes parentales. Un père au chômage, croyez-moi ce n’est pas facile. Les problèmes ont commencé à empirer en même temps que les bouteilles s’accumulaient dans l’évier.
Je rentrais des cours, à pied, et je retrouvais mon père, endormi dans le fauteuil, la bouche grande ouverte, des cadavres alcoolisés à ses pieds.
Ma mère, elle, travaillait comme infirmière, avec des horaires changeants. Elle ne s’est pas tout de suite rendu compte de ce qui se tramait. Moi, je voulais la préserver, du coup je cachais les bouteilles paternelles sous mon lit. L’angoisse me rongeait. Alors, j’ai commencé par renifler les bouteilles. Puis un jour est arrivé, où j’ai voulu goûter cet extase dans lequel mon père se repaissait. Ce jour là, je me souviens, c’est le whisky qui m’est apparu comme la réponse à tous nos problèmes. Il s’est insinué dans mes veines, comme une révélation, je me suis senti serein, enfin.
A partir de là, j’ai dérapé. Mes journées se déroulaient de manière très simple : le matin, je courrais à l’école. Je pensais aux minutes qui s’écoulaient, toujours plus lentement. A 16 heures, je rentrais à la maison. Je ramassais les bouteilles, et je les vidais, qu’elles soient à moitié pleines, peu m’importait. Je voulais m’emplir, je voulais avaler le vice de mon père. Je croyais l’aider en ce temps-là. Lui ne se rendait compte de rien. Il s’enfonçait dans une déprime de plus en plus grande. Ma mère s’est bientôt aperçue que mon père se défonçait à l’alcool. Je venais de fêter mes onze ans et pas un jour ne se passait sans que je vide ma demi-bouteille. L’ambiance se dégradait à la maison. Ma mère rentrait de moins en moins. On vivait à deux mon père et moi.
Ca fait deux ans que ça dure et mes doses augmentent. Mon père croit qu’il boit de plus en plus. En réalité, ses rations baissent insidieusement. Il m’arrive de plus en plus souvent de diluer ses bouteilles pour qu’il ne remarque pas qu’elles se vident à une vitesse dangereuse.
Je sens qu’à cette allure-là, il sera bientôt sevré.
Quant à moi, qui viendra me sauver de mon vice ?

Dernière modification: 22/05/2007


 

 

 

 

 
 
 
 
 
 


 
 

 



Accueil | Adresses et liens utiles | Contacts | FAQ | Rechercher

Ifeelgood copyright 2004-2008 | Vie privée